mardi 5 août 2008

L'Outre-Monde [début]

Je me rends compte que cela fait bien longtemps que je n'ai rien posté. Je ne peux tout de même pas laisser ce blog à l'abandon ! Malgré l'état peu avancé de mes travaux (complètement débordé ^^), je crée cet article afin de vous jeter en pâture le premier chapitre (court) de ma nouvelle intitulée "L'Outre-Monde" (pour l'instant).

Cela vous fera peut-être patienter ...


(chanson qui m'inspire beaucoup en ce moment)

EPILOGUE D’UNE JOURNEE

09/10/2008 – 17 :55

Au retentissement de la sonnerie, les autres élèves se lèvent comme un seul homme et dans un sourd raclement de chaises. Je reste assis, fasciné par la mécanique parfaite des aiguilles de ma montre qui poursuivent leur impitoyable avancée, dans un vain effort pour mesurer le temps.

- David ?

Levant les yeux, je vois mon professeur qui me regarde d’un air vaguement perplexe, prêt à partir. Il n’y avait plus que nous dans la salle mal éclairée alors que les ombres s’allongeaient au dehors. M’excusant d’une voix quasi inaudible, je rangeai mes affaires en vrac dans mon sac et quittai la pièce, sentant peser sur ma nuque les yeux quelque peu troublés du vieux professeur d’allemand. Elliot m’attendait dans le couloir, tapant nerveusement du pied à la manière d’un cheval impatient. M’apercevant, il arbora une mine un rien énervée en venant à ma rencontre.

- Qu’est-ce que tu foutais, bon sang ? Je t’attends depuis pratiquement cinq minutes !

- Désolé, marmonnai-je.

- Il faut te secouer mon gars.

Je l’écoutais d’une oreille distraite alors que nous sortions à l’air libre, regardant en l’air. Le crépuscule irisait les cieux nuageux d’une teinte sanguine. En quelques pas nous laissâmes le lycée derrière nous, abandonnant la longue bâtisse aux ténèbres qui s’installaient. Visiblement conscient que j’avais l’esprit ailleurs, Elliot s’était tu, se contentant de marcher à ma hauteur.

Le même scénario, invariable, le même schéma se reproduisant sans cesse. Comme à chaque fois, une journée semblable à toutes les autres. Passé, présent et futur ne faisaient plus qu’un. Aucune surprise, le même déroulement. Chaque soir, nous sortions par la sortie de derrière, plus proche de chez nous. Chaque soir, le même horizon tâché de sang. Quitter le lycée, tourner à gauche au coin de la rue, traverser, prendre le pont, tourner deux fois à droite. Et alors c’était la grande rue. Elliot me gratifia d’une tape amicale et me laissa poursuivre mon chemin seul. Lui habitait ici, dans cette résidence à gauche de la chaussée. J’avançais comme un zombie, sachant pertinemment ce qui m’attendait à l’autre bout de cette longue avenue bordée de platanes. Il allait à ma rencontre. Je pouvais deviner ses pas, en face de moi. Bientôt, j’allais l’apercevoir. Bientôt … J’y étais presque … Encore quelques mètres …

Il est là. Son costume plus noir que les ténèbres les plus obscures ne fait pas un pli lorsqu’il s’avance, les bras se balançant au rythme de sa marche assurée. Au milieu de son visage d’un blanc maladif, cadavérique, des yeux en amandes luisent d’un éclat doré, tandis qu’un sourire pâle et figé tord ses lèvres. Un sourire de mort. Tout en lui inspire la mort. De sa personne même émane un fluide noir et froid, venin mortel et pestilentiel. Je n’ose ni interrompre mes pas ni prendre mes jambes à mon cou, et c’est en marchant, en l’apparence le plus calmement du monde, que je le croise. En quelques secondes c’est fini, il a disparu. Comme à chaque fois. Et chaque fois j’ai l’impression qu’une partie de mon âme part avec lui.

5 commentaires:

Blume a dit…

j'aime l'image de cet homme, tu la maîtrises, elle s'impose comme une silhouette noire, un mauvais augure en puissance.

Mr Blue Sky a dit…

Exactement ce que je recherchais ^^
Je suis content d'avoir réussi :) (mode mégalomaniaque "on")

Anonyme a dit…

Je peux être franc ? J'aime beaucoup

(tu pouvais pas t'empêcher hein pour le prof d'allemand ^^)

Mr Blue Sky a dit…

Le prof d'allemand s'est imposé comme une évidence ^^

Pauline a dit…

MOI AUSSI J'AIME ! Et je t'avoue que j'ai très envie de lire la suite... J'espère que ton imagination va être prolifique durant les vacances...