Eleanor reposa le combiné. Vincent avait raccroché. La jeune femme se laissa tomber sur son lit. Elle ne pleurait pas. Les mots tournaient dans son esprit, vides de sens, incompréhensibles. Elle enfouit la tête dans son oreiller quelques instants, comme si le contact doux et moelleux pouvait amortir le choc de ses pensées contre son crâne. Les prémices d’une migraine lui martyrisaient les tempes. Lentement, sans même qu’elle s’en rende compte, Eleanor s’endormit.
Eleanor émergea du sommeil comme un noyé qui refait surface, aspirant l’air à grandes goulées, les mains crispés sur ses draps mouillés de sueur. Elle reprit difficilement son souffle, la tête renversée en arrière, les paupières closes. Reprenant progressivement le contrôle de son corps et de son esprit, elle s’efforça de chasser les rémanences de son rêve qui la hantaient, échos terrifiant d’un songe cauchemardesque. Détendant tous les muscles de son corps, elle se laissa aller contre son oreiller, tentant vainement de faire abstraction de l’élancement douloureux qui faisait furieusement palpiter ses tempes. Un cheval enragé martelait sa tête qui menaçait d’exploser.
Eleanor s’extirpa des draps emmêlés autour de ses membres, et les rejeta le plus loin possible comme on se débarrasse d’un serpent venimeux. Chancelant, la jeune femme se leva, la poitrine comprimée par un poids invisible et le crâne atrocement douloureux. Sa chambre lui apparut dans une clarté irréelle, baignée par la lueur du soleil qui dessinait un pâle carré lumineux sur le plancher. Eleanor avança d’un pas et la pièce se mit à tourner, l’armoire et le lit se distordant dans son esprit. Elle ferma les yeux, inspira profondément et avança d’un autre pas. Pourquoi marchait-elle ? Qu’est-ce qui la poussait à avancer ? Pourquoi quitter la douce chaleur du lit ?
D’un pas mal assuré, vacillant, elle quitta la chambre, traversa le couloir et emprunta l’escalier en colimaçon menant à l’étage inférieur. Elle se cramponna à la rambarde pour ne pas tomber, et descendit marche après marche, le bruit de ses pieds nus sur le bois résonnant désagréablement à ses oreilles. Enfin, Eleanor attint le sol carrelé de la salle à manger, pièce qu’elle traversa le plus rapidement possible afin d’éviter la morsure du froid sur sa peau nue. Et c’est avec soulagement qu’elle gagna la cuisine et se laissa choir sur une chaise. Elle effaça les larmes qui roulaient sur ses joues d’une main tremblante puis, secouée de sanglots de plus en plus violents, elle s’effondra sur la table, le visage enfoui dans ses mains.
Amy était morte. On avait tué sa sœur.
Eleanor émergea du sommeil comme un noyé qui refait surface, aspirant l’air à grandes goulées, les mains crispés sur ses draps mouillés de sueur. Elle reprit difficilement son souffle, la tête renversée en arrière, les paupières closes. Reprenant progressivement le contrôle de son corps et de son esprit, elle s’efforça de chasser les rémanences de son rêve qui la hantaient, échos terrifiant d’un songe cauchemardesque. Détendant tous les muscles de son corps, elle se laissa aller contre son oreiller, tentant vainement de faire abstraction de l’élancement douloureux qui faisait furieusement palpiter ses tempes. Un cheval enragé martelait sa tête qui menaçait d’exploser.
Eleanor s’extirpa des draps emmêlés autour de ses membres, et les rejeta le plus loin possible comme on se débarrasse d’un serpent venimeux. Chancelant, la jeune femme se leva, la poitrine comprimée par un poids invisible et le crâne atrocement douloureux. Sa chambre lui apparut dans une clarté irréelle, baignée par la lueur du soleil qui dessinait un pâle carré lumineux sur le plancher. Eleanor avança d’un pas et la pièce se mit à tourner, l’armoire et le lit se distordant dans son esprit. Elle ferma les yeux, inspira profondément et avança d’un autre pas. Pourquoi marchait-elle ? Qu’est-ce qui la poussait à avancer ? Pourquoi quitter la douce chaleur du lit ?
D’un pas mal assuré, vacillant, elle quitta la chambre, traversa le couloir et emprunta l’escalier en colimaçon menant à l’étage inférieur. Elle se cramponna à la rambarde pour ne pas tomber, et descendit marche après marche, le bruit de ses pieds nus sur le bois résonnant désagréablement à ses oreilles. Enfin, Eleanor attint le sol carrelé de la salle à manger, pièce qu’elle traversa le plus rapidement possible afin d’éviter la morsure du froid sur sa peau nue. Et c’est avec soulagement qu’elle gagna la cuisine et se laissa choir sur une chaise. Elle effaça les larmes qui roulaient sur ses joues d’une main tremblante puis, secouée de sanglots de plus en plus violents, elle s’effondra sur la table, le visage enfoui dans ses mains.
Amy était morte. On avait tué sa sœur.
5 commentaires:
Wahou !
Très sincèrement petit homme bleu, j'apprécie énormément ta prose. Le chapitre I m'a tellement plu que j'ai préféré lire le début du second pour te laisser un commentaire ! j'adore vraiment ce que tu fais ! Le prologue et le premier chapitre m'ont transporté, et je t'avoue que j'ai presque eu une migraine en lisant le deuxième (ça veut pas dire que c'est mauvais, simplement que je me suis vraiment identifiée au personnage) Maintenant que c'est les vacances, j'espère avoir la suite assez vite !
pour ma part, j'avoue préférer le côté froid-constat du premier chapitre, cela dit, tout le passage où elle marche est bien fait, ça me rappelle beaucoup de choses. mais encore une fois, c'est plus extérieur que le début de ce chapitre, donc je pense que je préfère la distance, et par dessus tout la description (escalier, lumière) C'est sûrement parce que je lis bcp de fics et que c'est souvent trop introspectif, et trop vague.
Comme Pau, j'attends la suite... je suis pressée de voir enfin Piotr en action^^
Piotr arrivera en temps voulu mesdemoiselles ^^
Merci à vous deux, ça fait plaisir autant de compliment
jeanne m'a dit de te dire que quand même tu abuses car tu es en vacances et d'abord on veut savoir la suite (elle a diablement raison! du nerf, que diable! (pourquoi toujours le diable?
Tu diras à Jeanne que c'est long d'écrire une histoire ^^
Je ne veux pas poster un passage que je n'ai pas encore retravaillé assez.
Ca va venir ... bientôt.
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